La légionelle est une bactérie qui peut se multiplier dans les réseaux d’eau chaude. Le danger ne vient pas de l’eau que l’on boit : il apparaît surtout lorsque l’on respire de fines gouttelettes contaminées, par exemple sous la douche. La légionellose, l’infection pulmonaire qu’elle provoque, peut être grave chez les personnes fragiles. Bonne nouvelle : avec un chauffe-eau bien réglé et quelques habitudes, le risque de légionelle se maîtrise. Voici l’essentiel.

Légionelle : les températures à retenir
| Température de l’eau | Ce qu’il faut retenir |
|---|---|
| Moins de 25 °C | Eau froide |
| De 25 à 45 °C | Zone favorable à la multiplication des légionelles |
| De 45 à 55 °C | Zone de vigilance |
| À partir de 55 à 60 °C | Risque maîtrisé |
Le repère pratique : éviter que l’eau stockée reste durablement tiède, tout en gardant une protection contre les brûlures aux points d’eau. Baisser fortement le thermostat du chauffe-eau pour économiser n’est donc pas une économie intelligente.
Ce qui favorise le risque dans un logement
- Un ballon réglé trop bas ou une chauffe défaillante.
- De l’eau qui stagne pendant une longue absence.
- Une douche d’amis, un robinet extérieur ou un point d’eau rarement utilisé.
- Un bras mort (canalisation abandonnée) ou un réseau trop long.
- Une douchette, un flexible ou un mousseur entartrés : tartre, dépôts et biofilm favorisent le développement des bactéries.
Les personnes les plus vulnérables
- Les personnes âgées ou immunodéprimées.
- Les personnes souffrant d’une maladie respiratoire chronique.
- Les fumeurs et anciens gros fumeurs.
Toute personne fragile doit éviter d’être exposée aux gouttelettes lors d’une purge après une période sans utilisation.
Les 6 réflexes essentiels
- Température : ne pas maintenir durablement l’eau stockée tiède ; respecter le réglage et la notice du fabricant.
- Renouvellement : faire couler régulièrement l’eau aux points peu utilisés.
- Entretien : nettoyer, détartrer et, si nécessaire, désinfecter douchettes, flexibles et mousseurs.
- Réseau : supprimer les bras morts et les canalisations inutilisées, limiter les volumes où l’eau peut stagner.
- Contrôle : vérifier la température réelle, le thermostat, le ballon et le bon renouvellement de l’eau.
- Brûlures : associer l’hygiène à une protection anti-brûlure adaptée aux points de puisage.
Après une absence : que faire avant la première douche ?
Vérifiez d’abord que le chauffe-eau fonctionne et qu’il a retrouvé sa température normale. Renouvelez ensuite l’eau avec prudence, avant d’utiliser la douche ou tout équipement qui produit des gouttelettes :
- Ventiler : ouvrez la fenêtre ou mettez la ventilation en marche, et éloignez les personnes fragiles.
- Eau froide : faites couler les points d’eau froide jusqu’à ce que la température se stabilise.
- Eau chaude : purgez ensuite l’eau chaude sans vous placer au-dessus du jet, en limitant les projections.
- Nettoyer : démontez et détartrez mousseurs, pommeaux et flexibles selon leur état.
Ce que dit la réglementation
L’article 36 de l’arrêté du 23 juin 1978, modifié par l’arrêté du 30 novembre 2005, fixe deux repères :
- La règle des 400 litres : lorsque le volume de stockage total atteint au moins 400 L, l’eau doit être à 55 °C minimum en sortie de stockage, ou subir un cycle thermique quotidien équivalent. Cette règle vise les installations importantes : ce n’est pas une obligation identique pour chaque petit ballon domestique, dont le réglage doit suivre la notice et rester suffisamment élevé pour l’hygiène.
- La limite contre les brûlures : aux robinets des pièces destinées à la toilette, l’eau chaude ne doit pas dépasser 50 °C ; dans les autres pièces, 60 °C.
Plus l’eau est chaude, plus le risque de brûlure augmente, en particulier pour les enfants, les personnes âgées ou fragiles. D’où l’intérêt d’une protection anti-brûlure aux points d’usage, comme un mitigeur thermostatique.
Quand faire appel à un professionnel ?
- Une température instable ou insuffisante.
- Un ballon très entartré, ancien ou régulièrement en panne.
- Des points d’eau inutilisés, un réseau modifié ou des bras morts.
- Un doute après une longue absence, un sinistre ou des travaux.
Sur place, nous contrôlons la température de stockage et aux points d’usage, le thermostat et le cycle de chauffe, l’état du chauffe-eau (tartre, corrosion, stagnation), la conception du réseau et la protection anti-brûlure.
Et l’analyse de l’eau ? Une recherche de légionelles n’est pas un simple test visuel : elle nécessite un prélèvement et une méthode de laboratoire adaptés, par un laboratoire compétent. Elle peut être indiquée dans les installations à risque, ou à la demande des autorités, d’un gestionnaire ou d’un expert sanitaire.
En cas de symptômes
Une fièvre élevée, une toux, un essoufflement ou un état grippal après une exposition suspecte nécessitent un avis médical rapide. Le plombier traite l’installation ; seul un professionnel de santé établit le diagnostic médical.
Pour aller plus loin, lisez notre guide pour bien choisir et entretenir son chauffe-eau, ou consultez notre page dépannage de chauffe-eau. Cet article reprend notre fiche conseil sur la prévention de la légionelle.
Vous souhaitez faire contrôler votre installation d’eau chaude ? Appelez le 06 67 29 89 34 ou passez par la page contact.
Référence réglementaire : article 36 de l’arrêté du 23 juin 1978, modifié par l’arrêté du 30 novembre 2005. Cette information préventive générale ne remplace ni une analyse de laboratoire, ni un diagnostic sanitaire, ni un avis médical.